Père et gay

 

 

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"Des hommes et des femmes changent plus ou moins brutalement de vie alors qu'ils sont mariés, ont des enfants et semblent installés dans une totale "normalité". Ils semblent "devenir homosexuels". Il s'agit naturellement d'une révolution absolue. Comment vit-on cette révolution? Surtout, pourquoi s'impose-t-on l'épreuve que représente un tel bouleversement pour soi et pour l'entourage? Et pourquoi ne pas avoir vécu cette métamorphose plus tôt?"

D'après
Parler d'homosexualité d'Emmanuel Ménard.




 



"Il est préférable d'affronter une fois dans sa vie un danger que l'on craint que de vivre dans le soin éternel de l'éviter."
Marquis de Sade



54.jpgLes sentiers de l'acceptation par avalon

Source: et-alors.net



J’étais dans le doute mais au fond de moi je le savais. J'ai aimé, certes en secret, mais j’ai aimé. Pas les personnes du sexe opposé comme je l’ai tant souhaité. J’ai essayé. Mais non ! Ca ne se choisit pas. Le cœur en a voulu différemment. Mon cœur à préféré battre pour des filles…. Je suis une fille. Voilà les sources de tous mes tracas.

J’y pense éperdument depuis des années. Des années d’enfermement et de prison pour un crime que je n’ai pas commis. Pourquoi, pourquoi cela m’arrive t-il à moi ? C’est impossible ! Pourquoi ? Jamais je ne le saurais, il en est ainsi, il me faut vivre avec. Je dois l’accepter. Ce chemin long, tortueux, obscur, je crois en voir le bout. Oui, le sentier de l’acceptation de soi. Sa finalité sera l’acceptation d’être homosexuelle.

Que ce mot est difficile à dire, à prononcer, mais aussi à écrire. Ce simple mot qui m’a fait tant de mal… que je l’ai haï ! Combien de fois, la colère s’est elle emparée de moi, par le seul fait d’y penser. Elle vient encore cette colère... encore... parfois.

Oui, penser, songer, chose que je n’ai jamais omis de faire, et ce chaque jour. Pendant des années. Chaque jour, ces pensées m’ont hanté. Oui, je suis une fille qui aime les filles.

Cette absolue vérité, mon plus grand secret, je l’ai refoulée. Par mon esprit raisonnable, je me suis interdite d’aimer.

Alors j’ai cru que j’étais incapable d’avoir des sentiments pour autrui. A plusieurs reprises j’ai fui les hommes qui voulaient gagner mon cœur. J’ai essayé de le leur donner, ce cœur, mais je fuyais malgré tout. J’ai cru que c’était par peur. Mais non, c’est que je ne les aimais pas, je les aimais bien... seulement. Dans leur bras, j’étais de glace. Le malaise s’emparait de moi. Je me brisais. Ca m’était insupportable. Leurs baisers, je ne les savourais pas. J’ai alors cru que je serais incapable d’aimer. Ma conscience, mon "moi", me mentait : « - Ce n’est pas le bon, voilà tout. Tu ne peux pas t’engager si tu n’est pas attirée. » « - Mais ça n'est pas possible... Que tu est difficile, tu ne veux quand même pas finir vieille fille ? »

A chaque fois il en était ainsi. Ma conscience me disait d’attendre. D’attendre... et qu’il finirait par venir. J’attendais, mais à chaque fois, il en était ainsi. A chaque fois mon coeur restait de pierre, sans vie. A chaque fois, le scénario était le même, sans surprise... mais avec pourtant des espoirs. Pourtant quelque part je savais quelle en était la cause. Mais je l’ai enfouie, je l’ai refoulée.

"Mais alors suis-je normale, suis-je incapable d’aimer ?" me disais-je. "Resterais-je indéfiniment seule ?"

Pendant ces moments de questionnement, je connaissais des sensations étranges, des battements de cœurs incontrôlables, des maux de ventres, une sensation de chaleur qui envahissait mon corps tout entier. Mais ces sensations n’apparaissaient qu'à la vue d’une fille ou d’une femme. Mais cela je l’ai refusé également. Je l’ai refoulé. Encore et encore...

Et ces rêves, inconscients ou conscients, dans lesquels apparaissaient une fille. Cela aussi, je l’ai nié.

Pendant toutes ces années, j’ai pensé, j’ai imaginé... mais je n’ai rien vécu qui pouvait y ressembler. Je n’ai pas vécu cette histoire dont tous les arts font tant l’éloge. Je ne vivais pas ce que mon entourage vivait.

Tout cela je ne veux plus le subir, je n’en peut plus. J’aimerai me libérer de ces fers. Celles de la raison, de la morale (sociale), du « normal ». Qui quelque part, me prive de ma liberté. Oui, je veux tout simplement suivre mon cœur... car il est moi.

A ce jour, je perçois le bout de ce sentier. Il semble que je commence à l’accepter. Et ce indirectement grâce à un ami merveilleux que j’ai pourtant fait souffrir. Peut être aussi grâce à un peu de courage. Car c’est pour apaiser sa peine (et peut être la mienne aussi !!) que je lui ai révélé mon plus grand secret. Je voulais qu’il comprenne pourquoi son amour pour moi serait sans retour.
Lui avoir révélé cette aspect de moi le plus secret, m’a sans doute permis d’avancer, de comprendre, de faire monter à la surface cette chose que j’ai toujours senti, ressenti et su, mais que je ne voulais pas accepter.

Cette révélation m’a permis de consacrer une chose : le fait que je sois incapable d’aimer un homme, mais que je suis capable d’aimer une femme. Même si je suis une femme. Ainsi commence je crois le début de la fin d’un long cheminement vers une acceptation... l’acceptation d’être homosexuelle.

Voila le début de mon histoire, seulement le début, car ce travail sur soi est loin d’être achevé. Bien d’autres pages restent à écrire et tourner.

J’espère un jour arriver à me débarrasser de cette colère. J’espère pouvoir sortir un jour de l’ombre. Pour ne jamais y revenir. Jamais !


Un forum pour en parler:
 
Homo, bi, hétéro,


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