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"Des hommes et des femmes changent plus ou moins brutalement de vie alors qu'ils sont mariés, ont des enfants et
semblent installés dans une totale "normalité". Ils semblent "devenir homosexuels". Il s'agit naturellement d'une révolution absolue. Comment vit-on cette révolution? Surtout, pourquoi
s'impose-t-on l'épreuve que représente un tel bouleversement pour soi et pour l'entourage? Et pourquoi ne pas avoir vécu cette métamorphose plus tôt?"
D'après Parler d'homosexualité d'Emmanuel
Ménard.
Si on ne
choisit pas d'être homo, on choisit comment on le vit. J’aime bien ce passage de "Comprendre l'homosexualité" de Marina Castañeda.
"L'identité [homosexuelle] implique une convergence de désirs, de sentiments, d'actes et de conscience, qui culminent dans une définition et une acceptation de soi
comme homosexuel. Or tous ces éléments ne se manifestent pas en même temps, mais généralement à des époques différentes de la vie. Et ils n’apparaissent pas dans le même ordre: chez une
personne peuvent surgir d’abord les actes puis le désir, puis l’amour; chez une autre, l’ordre peut être inversé. Il n’y a pas une suite ni une progression dans le temps qui soit commune à tous
les homosexuels. Peut-être devrions-nous parler, plutôt, de différentes phases ou degrés dans l’homosexualité, allant des expériences ou désirs isolés, jusqu’à une relation amoureuse et un style
de vie ouvertement homosexuels. Ce n’est que lorsque tous les éléments se rejoignent que nous pouvons parler d’une identité homosexuelle: on ne “devient” vraiment homosexuel que lorsqu’on atteint
cette congruence interne.
Aujourd’hui, le terme “gay” se réfère justement à cette cohérence et à cette acceptation de l’homosexualité (Dans cette optique, un homosexuel qui vit dans le secret n’est pas gay, parce que sa
vie publique et sa vie privée ne coïncident pas).”
“D’une certaine façon, le fait de dire: “Je suis né comme ça, et je ne peux rien y faire”, simplifie et limite trop un phénomène qui est sans doute bien plus compliqué. Le processus de
construction d’une identité homosexuelle est long et difficile; dire en fin de compte que l’on est né comme ça dévalorise le travail que cela implique. C’est comme si on disait, après des années
d’études universitaires: “C’est que je suis né intelligent.”
Du même auteur:
s Le mirage de la bisexualité
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