Père et gay

 

 

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"Des hommes et des femmes changent plus ou moins brutalement de vie alors qu'ils sont mariés, ont des enfants et semblent installés dans une totale "normalité". Ils semblent "devenir homosexuels". Il s'agit naturellement d'une révolution absolue. Comment vit-on cette révolution? Surtout, pourquoi s'impose-t-on l'épreuve que représente un tel bouleversement pour soi et pour l'entourage? Et pourquoi ne pas avoir vécu cette métamorphose plus tôt?"

D'après
Parler d'homosexualité d'Emmanuel Ménard.




 



"Il est préférable d'affronter une fois dans sa vie un danger que l'on craint que de vivre dans le soin éternel de l'éviter."
Marquis de Sade



J'avais honte de mes désirs homo, aujourd'hui, je suis fier de les accepter, et j'ai envie de les vivre, de vivre, d'être moi-même, enfin!

Une anecdote pour commencer:

Je participe à une réunion dans le cadre d'une association de bisexuels. Un mec dans ma situation; marié, mais attiré par les hommes, a cette expression: "Je voudrais qu'il existe une potion à avaler pour ne plus ressentir cette attirance, ces envies." Et moi je me dis "même si cette potion existait, je ne la boirais pas."

Cela me fait réfléchir: mes désirs homosexuels remettent en cause ma relation avec ma femme, la stabilité que je voulais pour mes enfants, et je ne suis pas prêt  à boire la potion! Je le comprends alors: mes désirs homosexuels, j'y tiens! Après les avoir tant cachés à moi-même et aux autres, j'ai fini par les accepter. J'ai pris conscience de toute la honte subie. Je suis en colère d'avoir eu tellement honte de moi, de m'être habitué à avoir honte. J'ai si longtemps vécu dans la peur d'être découvert. Mais j'ai finalement réussi à m'accepter, à ne plus avoir honte, à me construire une image de moi positive avec mes désirs homosexuels. Ce chemin parcouru, c'est mon histoire, c'est important pour moi. Essentielle aussi la solidarité que je vis avec mes pairs.

Dans "Comprendre l'homosexualité", Marina Castañeda cite Marcel Proust:

"Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous."

Pour moi, être gay, c'est aussi un choix. En tous les cas, un choix de bien le vivre (dans la fierté, pas dans la honte)!

C'est dur de me dire que pour vivre une vie qui me ressemble, pour être authentique, je dois divorcer. Mais je ne peux plus revenir en arrière. Ce besoin de vivre enfin ce que je suis après m'être contraint à être comme les autres est devenu trop fort pour moi.

Faudra-t-il que je ressente ce pincement au coeur, cette impression d'être passé à côté de ma vie à chaque fois que je vois deux mecs se tenir par la main?

CyriIIe



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S'accepter homosexuel (analyse de M. Castañeda)

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publié dans : J'en ai fait du chemin avant de dire "je suis gay"
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"J’avais presque 37 ans le jour ou j’ai décidé de faire mon coming-out. Ma situation était un peu délicate au moment des faits puisque j’étais marié et père de 2 enfants, un garçon de 14, une fille de 12 ans et au chômage.
J’ai toujours su que j’étais homosexuel je ne me suis jamais posé la question afin de savoir si j’aimais les garçons ou bien les filles : je suis homo. Il m’a fallu 37 ans pour l’accepter vraiment. Mais j’attendais la personne qui serait le facteur déclanchant et c’est arrivé. J’ai alors décidé de tout dire à ma femme, ce jours là on a pleuré tout les deux pendant des heures et on a parlé comme jamais on ne l’avais fait, elle l’a accepté parce qu’elle a compris que j’étais comme ça et qu’elle ne pourrait rien y faire, mais avec beaucoup de tristesse et avec le sentiment d’avoir été trahie.
Elle m’a proposé de continuer a voir mon ami tout en restant avec elle, enfin elle m’a fait tout un tas de propositions pour que l’on puisse rester ensemble, je les ai toutes refusées. J’avais envie de vivre ma sexualité pleinement et surtout je n’avais plus envie d’avoir des rapports sexuels avec une femme. Cette décision a été très dure pour moi, de quitter mes enfants et ma femme avec laquelle je m’entendais si bien malgré mon homosexualité !!!
(...)
Le conseil que je pourrais faire a ceux qui veulent faire leur coming-out c’est d’être patient et attendre le moment opportun (je crois qu’il n’y a pas d’âge pour cela) et surtout d’être sincère dans cette démarche pour être finalement en accord avec soi-même.

Aujourd’hui je suis heureux."
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54.jpgLes sentiers de l'acceptation par avalon

Source: et-alors.net



J’étais dans le doute mais au fond de moi je le savais. J'ai aimé, certes en secret, mais j’ai aimé. Pas les personnes du sexe opposé comme je l’ai tant souhaité. J’ai essayé. Mais non ! Ca ne se choisit pas. Le cœur en a voulu différemment. Mon cœur à préféré battre pour des filles…. Je suis une fille. Voilà les sources de tous mes tracas.

J’y pense éperdument depuis des années. Des années d’enfermement et de prison pour un crime que je n’ai pas commis. Pourquoi, pourquoi cela m’arrive t-il à moi ? C’est impossible ! Pourquoi ? Jamais je ne le saurais, il en est ainsi, il me faut vivre avec. Je dois l’accepter. Ce chemin long, tortueux, obscur, je crois en voir le bout. Oui, le sentier de l’acceptation de soi. Sa finalité sera l’acceptation d’être homosexuelle.

Que ce mot est difficile à dire, à prononcer, mais aussi à écrire. Ce simple mot qui m’a fait tant de mal… que je l’ai haï ! Combien de fois, la colère s’est elle emparée de moi, par le seul fait d’y penser. Elle vient encore cette colère... encore... parfois.

Oui, penser, songer, chose que je n’ai jamais omis de faire, et ce chaque jour. Pendant des années. Chaque jour, ces pensées m’ont hanté. Oui, je suis une fille qui aime les filles.

Cette absolue vérité, mon plus grand secret, je l’ai refoulée. Par mon esprit raisonnable, je me suis interdite d’aimer.

Alors j’ai cru que j’étais incapable d’avoir des sentiments pour autrui. A plusieurs reprises j’ai fui les hommes qui voulaient gagner mon cœur. J’ai essayé de le leur donner, ce cœur, mais je fuyais malgré tout. J’ai cru que c’était par peur. Mais non, c’est que je ne les aimais pas, je les aimais bien... seulement. Dans leur bras, j’étais de glace. Le malaise s’emparait de moi. Je me brisais. Ca m’était insupportable. Leurs baisers, je ne les savourais pas. J’ai alors cru que je serais incapable d’aimer. Ma conscience, mon "moi", me mentait : « - Ce n’est pas le bon, voilà tout. Tu ne peux pas t’engager si tu n’est pas attirée. » « - Mais ça n'est pas possible... Que tu est difficile, tu ne veux quand même pas finir vieille fille ? »

A chaque fois il en était ainsi. Ma conscience me disait d’attendre. D’attendre... et qu’il finirait par venir. J’attendais, mais à chaque fois, il en était ainsi. A chaque fois mon coeur restait de pierre, sans vie. A chaque fois, le scénario était le même, sans surprise... mais avec pourtant des espoirs. Pourtant quelque part je savais quelle en était la cause. Mais je l’ai enfouie, je l’ai refoulée.

"Mais alors suis-je normale, suis-je incapable d’aimer ?" me disais-je. "Resterais-je indéfiniment seule ?"

Pendant ces moments de questionnement, je connaissais des sensations étranges, des battements de cœurs incontrôlables, des maux de ventres, une sensation de chaleur qui envahissait mon corps tout entier. Mais ces sensations n’apparaissaient qu'à la vue d’une fille ou d’une femme. Mais cela je l’ai refusé également. Je l’ai refoulé. Encore et encore...

Et ces rêves, inconscients ou conscients, dans lesquels apparaissaient une fille. Cela aussi, je l’ai nié.

Pendant toutes ces années, j’ai pensé, j’ai imaginé... mais je n’ai rien vécu qui pouvait y ressembler. Je n’ai pas vécu cette histoire dont tous les arts font tant l’éloge. Je ne vivais pas ce que mon entourage vivait.

Tout cela je ne veux plus le subir, je n’en peut plus. J’aimerai me libérer de ces fers. Celles de la raison, de la morale (sociale), du « normal ». Qui quelque part, me prive de ma liberté. Oui, je veux tout simplement suivre mon cœur... car il est moi.

A ce jour, je perçois le bout de ce sentier. Il semble que je commence à l’accepter. Et ce indirectement grâce à un ami merveilleux que j’ai pourtant fait souffrir. Peut être aussi grâce à un peu de courage. Car c’est pour apaiser sa peine (et peut être la mienne aussi !!) que je lui ai révélé mon plus grand secret. Je voulais qu’il comprenne pourquoi son amour pour moi serait sans retour.
Lui avoir révélé cette aspect de moi le plus secret, m’a sans doute permis d’avancer, de comprendre, de faire monter à la surface cette chose que j’ai toujours senti, ressenti et su, mais que je ne voulais pas accepter.

Cette révélation m’a permis de consacrer une chose : le fait que je sois incapable d’aimer un homme, mais que je suis capable d’aimer une femme. Même si je suis une femme. Ainsi commence je crois le début de la fin d’un long cheminement vers une acceptation... l’acceptation d’être homosexuelle.

Voila le début de mon histoire, seulement le début, car ce travail sur soi est loin d’être achevé. Bien d’autres pages restent à écrire et tourner.

J’espère un jour arriver à me débarrasser de cette colère. J’espère pouvoir sortir un jour de l’ombre. Pour ne jamais y revenir. Jamais !


Un forum pour en parler:
 
Homo, bi, hétéro,


Une autre vision du monde gay et lesbien.
Moins de stéréotypes, plus d'information.





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  mascote_gay_lesbienne.pnglogov4.2.gif

Coming-out à sa femme, c'est sous ce titre que sont regroupés sur le site monchoix.net de nombreux témoignages d'hommes qui ont divorcé pour vivre, en honnêteté avec eux-même, une vie gay.


On y lira également la partie
Coming-out à mon mari, beaucoup moins fournie, je ne sais pas pourquoi.





Un témoignage qui m'a marqué, celui d'un père gay, confronté au coming-out de son fils:

Manque de courage ou choix raisonnable?



Sur son blog, Jj témoigne de son parcours:  
Père et Gay, ouais et alors?



Enfin le blog d'un "homo avec épouse" comme il le dit lui même. Il raconte son histoire magnifiquement. Incarcéré à cause de son homosexualité (c'était avant 1981), il raconte comment il a dû se reconstruire. Concilier l'amour pour sa femme et ses préférences pour les hommes. C'est le livre d'une vie qu'il nous donne à lire:

Homo marié et père de famille



Un blog ami:


  Blog d'un papa gay












D'autres témoignages sur ce blog
 

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Si on ne choisit pas d'être homo, on choisit comment on le vit. J’aime bien ce passage de "Comprendre l'homosexualité" de Marina Castañeda.







"L'identité [homosexuelle] implique une convergence de désirs, de sentiments, d'actes et de conscience, qui culminent dans une définition et une acceptation de soi comme homosexuel. Or tous ces éléments ne se manifestent pas en même temps, mais généralement à des époques différentes de la vie. Et ils n’apparaissent pas dans le même ordre: chez une personne peuvent surgir d’abord les actes puis le désir, puis l’amour; chez une autre, l’ordre peut être inversé. Il n’y a pas une suite ni une progression dans le temps qui soit commune à tous les homosexuels. Peut-être devrions-nous parler, plutôt, de différentes phases ou degrés dans l’homosexualité, allant des expériences ou désirs isolés, jusqu’à une relation amoureuse et un style de vie ouvertement homosexuels. Ce n’est que lorsque tous les éléments se rejoignent que nous pouvons parler d’une identité homosexuelle: on ne “devient” vraiment homosexuel que lorsqu’on atteint cette congruence interne.

Aujourd’hui, le terme “gay” se réfère justement à cette cohérence et à cette acceptation de l’homosexualité (Dans cette optique, un homosexuel qui vit dans le secret n’est pas gay, parce que sa vie publique et sa vie privée ne coïncident pas).”

“D’une certaine façon, le fait de dire: “Je suis né comme ça, et je ne peux rien y faire”, simplifie et limite trop un phénomène qui est sans doute bien plus compliqué. Le processus de construction d’une identité homosexuelle est long et difficile; dire en fin de compte que l’on est né comme ça dévalorise le travail que cela implique. C’est comme si on disait, après des années d’études universitaires: “C’est que je suis né intelligent.”

Du même auteur:

s
Le mirage de la bisexualité


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