J'avais honte de mes désirs homo, aujourd'hui, je suis fier de les accepter, et j'ai envie de les vivre, de
vivre, d'être moi-même, enfin!
Une anecdote pour commencer:
Je participe à une réunion dans le cadre d'une association de bisexuels. Un mec dans ma situation; marié, mais attiré par les hommes, a cette expression: "Je voudrais qu'il existe une potion à
avaler pour ne plus ressentir cette attirance, ces envies." Et moi je me dis "même si cette potion existait, je ne la boirais pas."
Cela me fait réfléchir: mes désirs homosexuels remettent en cause ma relation avec ma femme, la stabilité que je voulais pour mes enfants, et je ne suis pas prêt à boire la potion! Je le
comprends alors: mes désirs homosexuels, j'y tiens! Après les avoir tant cachés à moi-même et aux autres, j'ai fini par les accepter. J'ai pris conscience de toute la honte subie. Je suis en
colère d'avoir eu tellement honte de moi, de m'être habitué à avoir honte. J'ai si longtemps vécu dans la peur d'être découvert. Mais j'ai finalement réussi à m'accepter, à ne plus avoir honte, à
me construire une image de moi positive avec mes désirs homosexuels. Ce chemin parcouru, c'est mon histoire, c'est important pour moi. Essentielle aussi la solidarité que je vis avec mes
pairs.
Dans "Comprendre l'homosexualité", Marina Castañeda cite Marcel Proust:
"Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était
clair avant nous, n'est pas à nous."
Pour moi, être gay, c'est aussi un choix. En tous les cas, un choix de bien le vivre (dans la fierté, pas dans la honte)!
C'est dur de me dire que pour vivre une vie qui me ressemble, pour être authentique, je dois divorcer. Mais je ne peux plus revenir en arrière. Ce besoin de vivre enfin ce que je suis après
m'être contraint à être comme les autres est devenu trop fort pour moi.
Faudra-t-il que je ressente ce pincement au coeur, cette impression d'être passé à côté de ma vie à chaque fois que je vois deux mecs se tenir par la
main?
CyriIIe
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Castañeda)
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"J’avais presque 37 ans le jour ou j’ai décidé de faire mon coming-out. Ma situation était un peu délicate au moment des faits puisque
j’étais marié et père de 2 enfants, un garçon de 14, une fille de 12 ans et au chômage.
J’ai toujours su que j’étais homosexuel je ne me suis jamais posé la question afin de savoir si j’aimais les garçons ou bien les
filles : je suis homo. Il m’a fallu 37 ans pour l’accepter vraiment. Mais j’attendais la personne qui serait le facteur déclanchant et c’est arrivé. J’ai alors décidé de tout dire à ma
femme, ce jours là on a pleuré tout les deux pendant des heures et on a parlé comme jamais on ne l’avais fait, elle l’a accepté parce qu’elle a compris que j’étais comme ça et qu’elle ne pourrait
rien y faire, mais avec beaucoup de tristesse et avec le sentiment d’avoir été trahie.
Elle m’a proposé de continuer a voir mon ami tout en restant avec elle, enfin elle m’a fait tout un tas de propositions pour que l’on
puisse rester ensemble, je les ai toutes refusées. J’avais envie de vivre ma sexualité pleinement et surtout je n’avais plus envie d’avoir des rapports sexuels avec une femme. Cette décision a été très dure pour moi, de quitter mes enfants et ma femme avec laquelle je m’entendais si bien malgré mon
homosexualité !!!
(...)
Le conseil que je pourrais faire a ceux qui veulent faire leur coming-out c’est d’être patient et attendre le moment opportun (je crois qu’il n’y a pas d’âge pour cela) et surtout d’être sincère
dans cette démarche pour être finalement en accord avec soi-même.
Aujourd’hui je suis heureux."


Coming-out à sa femme, c'est sous ce titre que sont regroupés sur le site monchoix.net de nombreux témoignages d'hommes qui ont divorcé pour vivre, en
honnêteté avec eux-même, une vie gay.
On y lira également la partie Coming-out à mon mari, beaucoup moins fournie, je ne sais pas pourquoi.
Un témoignage qui
m'a marqué, celui d'un père gay, confronté au coming-out de son fils:
Manque de courage
ou choix raisonnable?
Sur son blog, Jj témoigne de son parcours:
Père et Gay, ouais et alors?
Enfin le blog d'un "homo avec épouse" comme il le dit lui même. Il raconte son histoire magnifiquement. Incarcéré à cause de son
homosexualité (c'était avant 1981), il raconte comment il a dû se reconstruire. Concilier l'amour pour sa femme et ses préférences pour les hommes. C'est le livre d'une vie qu'il nous donne à
lire:
Homo marié et père de famille
Un blog ami:
Blog d'un papa gay
D'autres témoignages sur ce
blog
Si on ne
choisit pas d'être homo, on choisit comment on le vit. J’aime bien ce passage de "Comprendre l'homosexualité" de Marina Castañeda.
"L'identité [homosexuelle] implique une convergence de désirs, de sentiments, d'actes et de conscience, qui culminent dans une définition et une acceptation de soi
comme homosexuel. Or tous ces éléments ne se manifestent pas en même temps, mais généralement à des époques différentes de la vie. Et ils n’apparaissent pas dans le même ordre: chez une
personne peuvent surgir d’abord les actes puis le désir, puis l’amour; chez une autre, l’ordre peut être inversé. Il n’y a pas une suite ni une progression dans le temps qui soit commune à tous
les homosexuels. Peut-être devrions-nous parler, plutôt, de différentes phases ou degrés dans l’homosexualité, allant des expériences ou désirs isolés, jusqu’à une relation amoureuse et un style
de vie ouvertement homosexuels. Ce n’est que lorsque tous les éléments se rejoignent que nous pouvons parler d’une identité homosexuelle: on ne “devient” vraiment homosexuel que lorsqu’on atteint
cette congruence interne.
Aujourd’hui, le terme “gay” se réfère justement à cette cohérence et à cette acceptation de l’homosexualité (Dans cette optique, un homosexuel qui vit dans le secret n’est pas gay, parce que sa
vie publique et sa vie privée ne coïncident pas).”
“D’une certaine façon, le fait de dire: “Je suis né comme ça, et je ne peux rien y faire”, simplifie et limite trop un phénomène qui est sans doute bien plus compliqué. Le processus de
construction d’une identité homosexuelle est long et difficile; dire en fin de compte que l’on est né comme ça dévalorise le travail que cela implique. C’est comme si on disait, après des années
d’études universitaires: “C’est que je suis né intelligent.”
Du même auteur:
s Le mirage de la bisexualité