
Cet ouvrage m'a beaucoup aidé. J'aime bien son titre. Très explicite n'est-ce pas? Si c'est votre situation en ce moment par rapport à votre couple, je vous le conseille vivement. Il ne
vous incitera pas à partir, il ne vous incitera pas à rester; il vous aidera à vous poser les bonnes questions.
UN DES POSTULATS PRINCIPAL DE L'OUVRAGE:
"C'est souvent l'image de la balance qui vient à l'esprit lorsqu'on essaie de décider: partir ou rester. Vous cherchez à savoir si vous devez partir ou rester en pesant le pour et le contre
sur une sorte de balance géante et en regardant de quel côté elle penche. (...)
[Mais] en ce qui concerne les rapports humains, l'approche de la balance est un problème, pas une solution. Comment peser les choses que vous savez aujourd'hui sur votre couple face à un
avenir dont vous ne savez rien? "
J'AI UN BESOIN PRIMORDIAL. JE NE PEUX PAS LE SATISFAIRE DANS LE CADRE DE MON MARIAGE. DOIS-JE
DIVORCER?
Voici la réponse de l'auteur:
"J’entends parfois la chose suivante: “Nous ne nous disputons pas très souvent et la plupart de mes besoins sont satisfaits. S’il y a
une difficulté, on arrive généralement à en parler et à trouver une solution. Le problème, c’est que j’ai un besoin primordial qui me tient très à coeur, et c’est justement ce besoin-là qui n’est
pas assouvi. Et il n’y a rien à faire...” En général, le patient continue à se plaindre en disant que son partenaire soit refuse de satisfaire ce besoin, soit est incapable de le satisfaire.
Bien sûr, nous sommes des adultes et nous savons que l’on obtient pas toujours tout ce que l’on veut dans la vie. Bien sûr, on peut se plaindre parce qu’un besoin essentiel rester insatisfait,
mais cela ne rend pas automatiquement la relation trop mauvaise pour rester. Alors où faut-il mettre la limite? Quand faut-il arrêter de se dire que l’on n’est qu’un bébé et s’autoriser à penser
que cela vaut peut-être la peine de mettre fin à la relation pour assouvir ce besoin primordial?
Evidemment, je veux parler d’un besoin absolument essentiel pour vous dans la vie, un besoin si important que ne pas l’obtenir change complètement le sens de votre vie. Je ne parle pas d’un
besoin inassouvi de plus, mais d’une vie inaccomplie. Voici une histoire qui devrait illustrer ce que j’essaie d’expliquer.
L’histoire de Bernard
La vie avec Lucie était un vrai bonheur pour Bernard. Il aimait leur maison, il aimait leurs enfants, leurs amis, leurs vacances. Il aimait même l’idée d’aller travailler tous les matins et de
travailler très dur. Lucie aimait les mêmes choses. L’ennui, c’est que Bernard détestait son travail et détestait son image professionnelle. Ce dont il avait besoin, c’était de se sentir à la
fois libre et puissant, maître de sa destinée. Il pensait pouvoir ressentir tout cela en montant sa propre entreprise.
Bernard était ingénieur commercial et agent exclusif. Il était chargé de vendre des instruments techniques en tous genres aux entreprises, grandes et petites. Ce travail nécessitait un certain
niveau d’expérience technique car il fallait être capable de comprendre et de résoudre les problèmes liés aux produits.
Ce qui l’ennuyait, c’est que son travail consistait à pousser les ventes pour remplir les quotas, alors que ce qu’il aurait souhaité, c’était un vrai boulot d’ingénieur. Ce qui l’énervait encore
plus, c’était d’être obligé de vendre des produits qui ne résolvaient qu’à moitié les problèmes de ses clients, alors qu’il se sentait capable de mettre au point des instruments nettement plus
efficaces.
Vous imaginez facilement quel était le besoin primordial de Bernard. Il voulait en finir avec son job de commercial, poursuivre une carrière d’inventeur indépendant et profiter des
éventuels avantages financiers, psychologiques et autres. Il voulait lancer sa propre entreprise. Mais Lucie ne voulait pas qu’il satisfasse ce besoin. Elle était effrayée à l’idée qu’il puisse
renoncer à son travail respectable et bien payé. L’inconnu lui faisait peur. Ce n’est pas qu’elle avait peur du risque, mais elle n’était pas aussi sûre que lui de sa capacité à devenir un
inventeur génial. Alors elle fit acte d’autorité et le menaça de quitter la maison s’il démissionnait de son travail.
Pendant 7 ans, Bernard renonça à son rêve. Il pensait qu’il finirait peut-être par oublier. Il pensait que Lucie avait peut-être raison et qu’il finirait par s’apercevoir que son rêve n’était pas
réaliste.
Puis un jour, à l’occasion d’une réunion de famille, Bernard fit quelques pas en compagnie de sa soeur. Il lui parla de son rêve, de l’opposition de Lucie, et commença à se reprocher d’être
irréaliste et immature. Mais sa soeur, qui avait toujours apprécié Lucie, le fit parler. Et c’est en parlant avec elle que Bernard se rendit compte qu’un jour il serait vieux, et que toute sa vie
n’aura été qu’une hésitation entre poursuivre un rêve ou l’abandonner. Quand il pensait à l’abandon de son rêve, il avait l’impression d’abandonner sa vie. C’est alors que se repose le
choix difficile entre assouvir son besoin et rester dans la relation.
Bernard démissionna de son travail. Lucie quant à elle tint parole et le quitta. Est-ce que Bernard fit le bon choix? Beaucoup des prévisions de Lucie se vérifièrent. Sa nouvelle vie était une
vraie lutte. La gloire et la fortune ne l’attendait pas au tournant!
Au bout de 10 ans, Bernard n’avait pas vraiment fait fortune et s’était même un peu endetté. Quelques-unes de ses inventions eurent du succès, mais cela ne fit pas de lui un homme riche. Bernard
fut un peu déçu de la tournure de son rêve. Mais, et c’est crucial, il ne regretta jamais de s’être lancé dans l’aventure. Il était même fier de lui. Et puis, il aimait son travail.
Il n’avait pas voulu que sa relation avec Lucie se termine. Il aurait bien aimé s’engager dans sa nouvelle vie tout en restant avec sa femme. Mais forcé de faire un choix entre les deux, Bernard
choisit de satisfaire un besoin primordial, et ne le regretta jamais.
Le besoin dans la boîte
La pire des situations est de rester indécis par rapport à la relation lorsqu’il serait facile d’éclaircir les choses. Essayer d’imaginer combien vous vous sentiriez mieux si vous pouviez
mettre votre besoin de côté dans une boîte et vous dire: “C’est dommage que ce besoin ne soit pas satisfait mais je peux l’oublier et arrêter de penser que cette relation est trop mauvaise pour
rester.” Ou d’imaginer combien vous vous sentiriez mieux si vous pouviez dire: “Mon partenaire et moi-même devons essayer de négocier et je continuerai à essayer d’assouvir mon besoin, mais même
si je n’arrive pas à le satisfaire, je ne me dirai quand même pas que cette relation est trop mauvaise pour rester.” Il faut aussi envisager que vous ne puissiez pas dire tout cela. Si vous avez
un besoin tellement important que si vous arriviez à la fin de votre vie sans l’avoir assouvi, vous tiendriez votre vie pour insatisfaisante, et que vous vous dites que vous ne parviendrez jamais
à trouver une solution, alors vous serez heureux si vous partez, et malheureux si vous restez dans la relation.
En d’autres termes: foncez ou taisez-vous! Pensez à ce dont vous avez besoin pour être heureux dans la vie. Pensez à ce que vous faites pour satisfaire vos besoins. Si de ces besoins
essentiels dépend votre bonheur, alors il faut soit trouver un moyen de les assouvir au sein de la relation - et cela veut dire apprendre à négocier - soit vous séparer de votre partenaire,
sous peine de vous retrouver, des années plus tard, avec quelqu’un que vous détestez."