Père et gay

 

 

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"Des hommes et des femmes changent plus ou moins brutalement de vie alors qu'ils sont mariés, ont des enfants et semblent installés dans une totale "normalité". Ils semblent "devenir homosexuels". Il s'agit naturellement d'une révolution absolue. Comment vit-on cette révolution? Surtout, pourquoi s'impose-t-on l'épreuve que représente un tel bouleversement pour soi et pour l'entourage? Et pourquoi ne pas avoir vécu cette métamorphose plus tôt?"

D'après
Parler d'homosexualité d'Emmanuel Ménard.




 



"Il est préférable d'affronter une fois dans sa vie un danger que l'on craint que de vivre dans le soin éternel de l'éviter."
Marquis de Sade



« Tu oserais raconter à tes vieux que tu es homosexuel? demanda Joaquin dans l'avion qui les ramenait à Lima.
 - Pas question, t'es fou, ils feraient un scandale monstre, dit Alfonso.
 - Mais si tu les aimes, tu devrais être franc avec eux.
 - Au contraire, justement parce que je les aime, je préfère qu'ils ne sachent jamais. S'ils le découvraient, ils en seraient très malheureux.
 -
Un jour ils vont l'apprendre par quelqu'un d'autre, Alfonso, et ce sera pire, parce que tu passeras pour un menteur.
 - Je ne pense pas qu'ils le découvriront, Joaquin. A Lima, il y a un tas de gens qui mènent une double vie. Toute la question est de savoir s'y prendre.
 -
Mais tu ne te sentirais pas plus tranquille si tu leur disais la vérité?
 -
Dans ce pays, il y a certaines choses, dont on ne doit pas parler, et notre faiblesse pour les hommes fait partie de ces choses-là. Au Pérou, tu peux te camer, voler ou courir les femmes, mais tu ne peux pas te payer le luxe d'être pédé.
 -
Qu'ils aillent se faire foutre, les culs-bénis, et les intolérants qui ne sont pas disposés à accepter les gens comme ils sont. Qu'ils aillent au diable!
 -
Bien sûr, mais tu dois accepter que le monde est une grande saloperie, Joaquin. Les idéalistes finissent clochards. Si tu veux réussir, tu dois être pragmatique et froid.
 -
On ne vit qu'une fois, Alfonso. Si je n’ai pas le courage d'être ce que je suis, je vais arriver à la vieil­lesse en me haïssant, frustré, plein d'amertume.
 -
Tu ne me comprends pas. Je ne suis pas contre l'homosexualité. Ce que je te dis c'est de le faire en douce, de ne pas causer de scandale, de ne pas foutre en l'air ta réputation.
 -
C'est que je ne pourrais pas me marier sous pré­tex:te de garder ma réputation et de plaire à mes vieux, Alfonso. Je me sentirais un rat, un manipulateur. Je ne pourrais plus me regarder dans la glace.
 -
Le mariage a ses avantages, mec. Si tu ne te maries jamais, tu vas finir seul, amer, comme ces vieux beaux qui s'en vont à Haïti draguer un de ces acteurs de pacotille qui se baladent du côté de Miraflores. Pense un peu: ça doit être formidable de ren­trer à la maison et d'avoir une femme qui te fait de la bonne cuisine, qui te repasse tes chemises, qui te coupe les ongles et qui te met du talc sur les couilles, et des mômes qui jouent avec toi et qui te font mourir de rire. Parce que, sans déconner, Joaquin, la vie de famille, c'est génial. Moi, de toute façon, je veux avoir des petits pour les voir grandir.
 - Et quand tu as envie d'être  avec un homme, qu'est-ce que tu fais?,
 -
Tu vas faire un tour, tu dragues quelqu'un, tu te fais mettre un coup, et voilà. C'est comme quand ta voiture commence à ne plus marcher: tu la portes chez le mécanicien, on lui fait une vidange, un lavage-graissage et c'est bon, elle repart comme sur des roulettes.
 -
Je trouve ça horrible que les hommes ne soient là que pour te permettre de changer d'huile de temps en temps, Alfonso. J'aimerais avoir un compagnon, vivre avec lui.
 -
C'est impossible dans ce pays, Joaquin. Vise un  peu ce qui nous est arrivé à Punta Sal*. Si tu veux vivre avec un homme et avoir une vie de couple, il faut que tu quittes le Pérou. Le Pérou n'est pas le Danemark, Joaquin.
 - Je sais, je sais, mais si nous sommes tous des lâches et si nous continuons à nous cacher, les choses ne changeront jamais.
 -
Je préfère rester bien tranquille dans mon coin. Si tu crois que ta mission est de t'immoler pour la cause de quelques tapettes et travestis qui boivent leur blonde dans la rue des pizzas, je te félicite, je te tire mon chapeau et je te souhaite toute la chance du monde, mais ne me demande pas de sauter avec toi dans le précipice.
 - Au fond, tu crèves de trouille, Alfonso.
 - Ce n'est pas que j'ai la trouille, Joaquin, c'est que je ne suis pas aussi suicidaire que toi

James Baily in "Ne le dis à personne" chez Stock

* A Punta Sal, Joaquin et Alfonso ont été virés d'un sauna après s'être embrassés en public.







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M. Castañeda dans "Comprendre l'homosexualité" écrit p.313:


"En fin de compte, tous les bisexuels se heurtent à un problème central qui n'a pas de solution: ils ne trouveront jamais une personne qui soit à la fois homme et femme. Ils ont peu de chances d'avoir un partenaire qui puisse satisfaire leurs besoins sexuels et affectifs en même temps. Donc toutes leurs relations sont condamnées à être partielles. (...) Et c'est pourquoi il est aisé de trouver des individus bisexuels et difficile de trouver des couples bisexuels. Dans cette optique, la bisexualité est en effet le choix idéal pour les personnes (et surtout les hommes) qui cherchent des aventures, mais pas un couple; et qui veulent des relations, pas une relation."


Un forum pour en parler:



Du même auteur:


s S'accepter homosexuel


Article lié:

s
On tombe amoureux d'une personne, pas d'un sexe.




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J'aurais préféré oublier mes rêves d'hier
Poursuivre ce quotidien qui me plaisait encore
Où personne me rappelle l'objet de mes prières
Avant que je ne préfère être à mes envies mort

N'approchez pas trop près vous qui vivez vos rêves
Laissez-moi être en paix un tout autre que moi
J'ai fait longtemps avec mes désirs une trêve
Restez au loin surtout ne m'éblouissez pas

La peur de l'inconnu me garde tout contre elle
Moi qui voudrais partir découvrir qui je suis
Si on le veut très fort vous pousse-t-il des ailes ?
Se réveille-t-on un jour au milieu de la nuit ? 


Un jour viendra peut-être
Je suivrai mon chemin
J'aurai le courage d'être
Je n'aurai peur de rien

Malgré le désaccord
De ceux qui croient m'aimer
Enfin choisir mon port
Et où je veux aller

Malgré le bruit des autres
Pouvoir enfin parler
Ne plus jamais me taire
Ne plus jamais plier

Alors j'irai si loin
Sur des chemins cachés
Prêt à tous les courages
Pour enfin me trouver

CyriIIe


Article lié:

s Ne le dis à personne (poème gay d'un homme marié) 


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Parce que trop longtemps la honte d’être homosexuel a pesé sur moi.

Parce que isolé, sans références j’avais la sensation d’être un pervers, d’être anormal.

Parce que je me suis senti différent, à part, bien avant de comprendre que j’étais homosexuel.

Parce que j’ai longtemps refusé de vivre mon homosexualité, refusé d’être ce "pd" qui n’inspire que le mépris.

Parce que je me suis longtemps senti sale, coupable et que la pudeur m’imposait de cacher aux autres ce que j’étais, pour ne pas les décevoir.

Parce que plongé dans le silence et l’isolement je n’apercevais aucune issue possible.

Parce que j’ai compris que je n’avais pas à choisir entre vivre mes désirs et être heureux, mais qu’au contraire l’un n’allait pas sans l’autre.

Parce que pour refuser la honte il m’a fallu me battre.

Parce que se construire une image du bonheur hors des modèles établis est un combat de tous les jours.

Parce que j’ai pris conscience que je n’étais pas seul, que nous pouvions vivre ce que nous étions sans en souffrir.

Parce que notre problème n’est pas notre homosexualité mais leur homophobie.

Parce que nous sommes une communauté, avec un vécu commun, une histoire, une culture.

Parce que en 1969 des pds, des gouines, des travelos et des trans ont définitivement refusés la honte et la violence que la police leur imposait et se sont révoltés, ouvrant la voie vers nos luttes futures.

Parce que le combat homosexuel a été, est et sera un facteur de progrès social.

Parce que une personne qui a honte ne pourra jamais être respectée, on frappe plus volontiers un être à terre.

Parce que la fierté donne la force d’affronter les réactions d’hostilité face à mon homosexualité, m’a aidé à me réaliser, m’a permis d’avancer, a contribué à faire de moi ce que je suis.

JE SUIS SIMPLEMENT FIER D’ETRE UN PD !

Pour toutes ces raisons et parce que rien n’est jamais acquis, le combat collectif et individuel reste une nécessité de tous les jours!



Xavier

Source:
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Marius de Latifa Alaoui et Stéphane Poulin.
Un livre pour parler de l'homosexualité aux enfants. De très belles illustrations et beaucoup d'humour:
"A l'école j'ai dit que mon papa est un homosexuel. Monique ma maîtresse a crié très fort et m'a puni "il ne faut pas dire des bêtises!". Elle en a même parlé à maman à la sortie de l'école. Heureusement maman a dit que ce n'était pas des bêtises mais la vérité. Je crois que la maîtresse a été surprise par notre vérité car elle a changé de tête."


Articles liés:

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s Autres romansà thématique homosexuelle (adultes)



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